Calcul salaire Brut en Net – Convertisseur en ligne

Tout salarié sait qu’il y a une différence notable entre son revenu brut et son revenu net. Pourtant, il n’est pas toujours aisé de comprendre d’où provient exactement cette différence.

Il y a de nombreuses lignes sur un bulletin de salaire. Certains appellent cela, à tort, des “charges sociales”. Cela démontre cependant que ces prélèvements sont perçus comme un poids, tant par les salariés que par les patrons. Ce sentiment provient surtout de la méconnaissance du fonctionnement du système et de l’utilité de ces prélèvements.

En réalité, la situation est plus complexe que cela. Il faudrait plutôt parler de cotisations sociales, mais il faut savoir également qu’il y a un grand nombre d’usages différents pour chacun de ces prélèvements obligatoires.

Essayons de clarifier tout cela ensemble dans cet article. N’hésitez pas à effectuer une simulation sur notre outil ce dessus « Salaire brut en net » afin de visualiser les charges appliquées à votre salaire.

Différence entre cotisations salariales et cotisations patronales

Premier point à aborder, la différence entre brut, super-brut, net, cotisation patronale, salariale et sociale. Mettons de l’ordre dans toutes ces notions.

Tout calcul commence sur la base du salaire brut du salarié.

C’est en partant de ce montant qu’on va pouvoir calculer :

  • Les cotisations patronales, qui représentent de 25% à 42% du salaire brut. Ce montant est payé par l’entreprise et cela n’impacte pas directement le revenu du salarié. Le salaire brut ajouté des cotisations patronales est appelé “salaire super-brut”.
  • Les cotisations salariales, que nous allons voir en détail dans la suite de cet article, représentent autour de 22% du salaire brut. Cela donne, une fois déduction effectuée, le salaire net. Il est payé par le salarié.

L’ensemble de tous ces prélèvements donnent les cotisations sociales.

Exemple : pour un salaire brut de 30000€ annuels, la part des cotisations patronales se situe aux alentours de 9000€. Cela donne un salaire super-brut allant de 39000€. Les cotisations salariales (22% du brut) sont de 6600€. Le salaire net est donc de 23400€. Le salaire net est donc quasiment 1,6 fois inférieur au salaire super-brut. L’ensemble des prélèvements obligatoires (9000€ de cotisations patronales et 6600€ de cotisations salariales) sont les cotisations sociales.

Mais à quoi servent tous ces prélèvements ?

Différence entre impôts et cotisations sociales

Il est vrai que les cotisations sociales sont perçues comme des charges, des coûts importants qui viennent diminuer le pouvoir d’achat des salariés. Par ailleurs, beaucoup ont tendance à confondre et mélanger les cotisations sociales, les taxes et les impôts.

En réalité, il faut comprendre que les cotisations sociales sont une sorte d’assurance obligatoire. Cet argent sert principalement à financer le service de protection sociale à la française, que nous allons détailler par la suite.

Les impôts servent à financer le budget de l’État (payer les fonctionnaires, financer la construction des routes et des hôpitaux par exemple).

Les cotisations sociales, en 2017, représentaient 385 milliards d’euros. En comparaison, l’impôt sur le revenu rapporte 59 milliards d’euros par an à l’État et la TVA aux alentours de 200 milliards. C’est donc une manne financière colossale.

Voyons en détail la répartition des dépenses et essayons de comprendre leur utilité.

Répartition des cotisations sociales par secteur : la maladie, la maternité et la famille

Une première ligne que vous pouvez voir sur votre bulletin de salaire s’appelle “sécurité sociale / santé”.

Cet argent est récolté par les URSSAF qui vont ensuite le redistribuer à la sécurité sociale.

Cet argent va concrètement servir à financer : – Le remboursement des médicaments – Les séjours à l’hôpital – La maternité – L’invalidité – Les décès

C’est donc une forme d’assurance, obligatoire pour tous les salariés, qui leur permet d’avoir accès à tous ces services de santé à des coûts moindres.

Y est généralement incluse une autre ligne, appelée accident du travail et maladie professionnelle.

Peuvent également s’ajouter des prélèvements obligatoires supplémentaires, qu’on appelle “complémentaire incapacité, invalidité, décès” ou encore “complémentaire santé”. Ceux-ci permettent d’être encore mieux protégés.

Le système de santé français est principalement financé de cette manière. Il faut donc davantage voir la cotisation sociale comme un “salaire différé”.

En effet, si on supprimait ce prélèvement, il est probable que les salariés aient tout de même à prendre une assurance-maladie privée, qui ne coûterait pas moins cher !

Répartition des cotisations sociales par secteur : la retraite

La retraite est le second gros bloc financé par les cotisations sociales. C’est une part croissante de la dépense, puisque la génération des baby-boomers arrive massivement à l’âge de la retraite.

Ce montant est versé par les différentes caisses de retraite. Il en existe 35, de toutes sortes, en fonction des différents secteurs (public ou privé) ou métiers spécifiques (armée, journalistes, médecins, indépendants, etc.).

Les cadres et certaines professions vont cotiser à des complémentaires (AGIRC-ARRCO, etc.), ce qui leur coûtera plus cher en cotisations sur le moment mais qui leur offrira une meilleure retraite par la suite.

Sont également inclus les pensions de veuvage et les pensions de réversion.

Le système est assez simple à comprendre :

  • La cotisation payée par le salarié sert à verser les pensions de retraite
  • Chaque fois que le salarié est prélevé de sa cotisation, il valide des droits à la retraite (système qui fonctionne par trimestres travaillés)
  • Lorsque le salarié arrivera à l’âge de la retraite, c’est un autre actif qui payera sa pension de retraite

Mais on en comprend également les limites, puisqu’il y a de moins en moins d’actifs et toujours plus de retraités.

Il existe donc plusieurs solutions, proposés par différents courants politiques, pour réformer ce système :

  • Un allongement de la durée du travail
  • Une augmentation des cotisations sociales sur la part des retraites
  • Une diminution des pensions de retraite
  • Un système par point qui viendrait modifier en profondeur le fonctionnement de redistribution

Quoi qu’il en soit, dans le système actuel, les cotisations sociales sont également une forme de salaire différé.

En cas de suppression de cette cotisation, le salarié devrait de toute manière épargner une part de son salaire pour se constituer une retraite, ou simplement abandonner l’idée de partir à la retraite !

Répartition des cotisations sociales par secteur : le chômage et la famille

Voyons à présent les deux derniers pans de la protection sociale financée par les cotisations sociales : la perte d’emploi et les prestations familiales.

Ce sont les actifs qui paient, via les cotisations sociales, une assurance contre la perte d’un emploi. Ce montant est versé par Pôle Emploi.

Pour en bénéficier il faut :

  • Cotiser pendant au moins 4 mois lors des 28 derniers mois.
  • La durée cotisée correspond à la durée indemnisée. Si vous avez par exemple cotisé 12 mois, vous aurez droit à 12 mois de chômage.
  • Enfin, le montant du chômage correspond en moyenne à 75 % du dernier salaire brut obtenu.

C’est encore une fois une forme d’assurance obligatoire, qui permet d’offrir un matelas de sécurité. C’est une forme de salaire différé en cas de problèmes dans la vie.

Les cadres vont cotiser à des caisses spécifiques (Apec par exemple), qui leur assureront un meilleur revenu en cas de perte d’emploi.

Depuis 2018, les salariés ne participent plus à la cotisation. Ce sont uniquement les cotisations patronales qui financent ce système.

Les cotisations sociales vont également servir à financer les diverses prestations familiales de la CAF, comme les allocations familiales, le complément familial ou encore la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) par exemple.

Les autres prélèvements

Les cotisations sociales servent donc à financer les 4 principales branches de la sécurité sociale : la santé, la retraite, la perte d’emploi et la famille. Une cinquième branche devrait prochainement être créé : la dépendance.

Mais d’autres prélèvements sur la fiche de paie existent qui ont peu ou rien à voir avec le financement de la sécurité sociale.

Parmi ces prélèvements nous pouvons citer :

  • La CSG et la CRDS, qui servent à financer directement le budget de l’État et à combler “le trou” de la sécurité sociale.
  • La formation professionnelle (payée par la cotisation patronale exclusivement)

En conclusion

La différence entre le salaire brut et le salaire net est conséquente pour le salarié. La France est le pays d’Europe où les prélèvements obligatoires sur les salaires sont les plus élevés.

S’il est vrai que cela crée un manque à gagner pour le salarié et une baisse de son pouvoir d’achat, il faut comprendre que ce système a pour objectif d’assurer la solidarité entre tous les citoyens.

Ainsi, les plus favorisés payent pour les moins favorisés. Mais étant donné que nul n’est à l’abri de se retrouver dans une situation compliquée, tout le monde peut en bénéficier.

Ce principe d’universalisme des cotisations sociales permet de créer un vrai salaire différé, d’autant que l’argent payé en prélèvements obligatoires serait de toute façon payé en assurances privées.

Vous devriez à présent comprendre la différence du salaire brut / net et à quoi servent tous ces prélèvements !

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