Quel a été le coût de l’absentéisme au travail en 2018?

L’absentéisme au travail en 2018 : ces chiffres qui font peur

Le coût de l’absentéisme au travail en 2018 est ahurissant. Selon une étude réalisée par l’Institut Sapiens, l’absentéisme au travail a coûté 4,7% du PIB, soit 108 milliards d’euros.

C’est un chiffre en nette augmentation. Pour rappel, l’absentéisme représentait 4,72% des heures travaillées.

Depuis 2016, c’est le secteur public qui enregistre chaque fois une augmentation. Pour cela, quelles sont les causes d’un tel phénomène ? Quelles sont les manques à gagner ?

Combien a coûté de l’absentéisme au travail en 2018 ?

En dehors des cadres des entreprises et des professions libérales, dont les heures de travail sont supérieures, le salarié ordinaire doit produire un travail de 1500 heures par an, ce qui représente 214,3 jours.

Ainsi, le coût de l’absentéisme serait de 3521€ (soit 10,1 jours dans le secteur privé) et 6223€ (soit 17,8 jours dans le public) par employé durant une année. Ces absences sont réparties ainsi qu’il suit :

  • 70% de non production, c’est-à-dire que le travail n’a pas été effectué et n’a non plus été compensé.
  • 25% des sursalaires. Ce sont les sommes reçues par les absents sans contrepartie d’un travail ou d’une production de valeur.
  • 5% de travail supplémentaire pour les présents. Encore appelé surtemps, ce procédé consiste à confier aux présents le travail qui devait être fait par les absents.

Le secteur privé et l’absentéisme

L’absentéisme, lorsqu’il atteint un taux compris entre 2 et 2,5%, est incompressible selon les résultats de certaines recherches.

Ces chiffres représentent un tiers du taux d’absentéisme actuel. Il y a donc objet à inquiétude.

Malheureusement, on ne peut mettre un terme à certains facteurs liés à l’absentéisme, à l’instar des congés de maternité ou des épidémies de maladies virales.

L’Institut de Socio-Economie des Entreprises et Organisations montre dans ses analyses, que dans 99% des cas, l’absentéisme compressible, c’est-à-dire celui que l’on peut éviter, est causé par le défaut de management de proximité.

Dans 99% des cas, l’absentéisme a plusieurs origines similaires. Que ce soit un absentéisme lié à la vie personnelle, à l’instar des troubles musculaires ou pour des raisons psychologiques, les facteurs suivants sont évoqués :

  • Les mauvaises conditions de travail ;
  • Une défaillance dans l’organisation du travail ;
  • Les stratégies de communication inadaptées. Le manque d’organisation des réunions dans une entreprise, à titre d’exemple, illustre parfaitement ce propos ;
  • Une formation qui ne prend pas en compte les situations professionnelles actuelles ou futures ;
  • Une mauvaise gestion de la programmation ou l’absence de celle-ci, absence de priorité ou de planification des activités ;
  • Une mise en œuvre stratégique qui n’est pas à la hauteur des exigences de l’entreprise. C’est l’exemple d’un mauvais sens du travail ou d’une rémunération qui ne donne pas satisfaction.

Le secteur public n’est pas en reste

Le management est le point faible du secteur public. Ainsi, ce dernier est profondément touché par l’absentéisme.

Les facteurs qui engendrent ce phénomène sont également les mêmes pour les personnes morales du secteur public.

D’après l’ISEOR, les causes les plus néfastes de l’absentéisme dans le secteur public se rattachent principalement à une organisation majoritairement taylorienne et un travail dépersonnalisé et procédural, qui conduit à une spécialisation excessive et inadaptée du personnel.

Comment faire face au phénomène de l’absentéisme ?

La fin de l’absentéisme nécessite l’implication de tous les acteurs de la chaîne. La volonté d’une seule personne est insuffisante.

Même s’il est possible de mettre définitivement un terme à ce fléau, il faut reconnaître que le chemin est encore long.

Pour les organisations, il faudra mettre l’idée sur la table de discussion afin de concevoir un véritable diagnostic. Cela consiste notamment à mettre en place des stratégies de prévention et identifier les principaux facteurs d’absentéisme pour pallier définitivement aux absences.

Le défi des ressources humaines se trouvent notamment dans la régulation des absences ou tout simplement dans la prévention de certaines irrégularités au travail, à l’instar des accidents de travail.

La promotion d’un esprit d’équipe doit également être au rendez-vous. Pour cela, il faut mettre en place de véritables stratégies permettant un management de proximité.

Celui-ci permettra à son tour de créer les relations sociales satisfaisantes et les performances collectives, gages d’une stabilité de l’entreprise.

Une action portant sur les conditions et l’organisation du travail, la stratégie, la formation, la communication et la gestion du temps permet à coup sûr d’améliorer les conditions de travail et la qualité de vie ainsi que la réduction de l’absentéisme.

Les entreprises, qui travaillent sur les démarches ci-haut mentionnées, réalisent des résultats probants. Les coûts cachés de l’absentéisme pourraient être réduits de 35% à 55% en l’espace de 6 mois à deux ans, lorsqu’on investit sur la qualité du management, selon l’ISEOR. Cette étude démontre qu’on peut définitivement éradiquer l’absentéisme.

Pour cela, il faut investir entre 1200€ et 1900€ par an. Cette somme doit être prélevée sur le salaire annuel de tout le personnel. Dans le secteur public, cette somme est comprise entre 2100€ et 3400€. Ainsi, la solution émane des stratégies sociales et économiques de l’entreprise.

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