Hausse des arrêts maladie : la nouvelle cible du gouvernement

Edouard Philippe veut en finir avec la hausse de l’absentéisme au travail. Le Premier ministre a mandaté Jean-Luc Bérard, DRH du groupe industriel Safran, et Stéphane Seiller, magistrat à la Cour des comptes, pour faire un état des lieux sur le sujet et donner des propositions d’ici la fin de l’année.

Des arrêts maladie en hausse de 4% en moyenne par an

Les salariés du secteur privé prennent en moyenne 17, 2 jours d’arrêts par an avec néanmoins d’énormes disparités entre les régions, les tranches d’âges et les professions, comme l’indique l’enquête annuelle sur l’absentéisme publié par le cabinet de conseil Ayming.

Depuis 2014, le nombre d’arrêts maladie augmente en moyenne de 4% par an. En 2017, cette hausse a coûté 10,3 Mds d’euros à la sécurité sociale. Une hausse expliquée en partie par l’augmentation du nombre d’arrêts maladie de courte durée (moins d’une semaine).

Selon Edouard Philippe, il s’agirait « d’un jour de congé supplémentaire » qui serait octroyé, sous-entendant la responsabilité du corps médical. L’Union Française pour la Médecine Libre rejette ces propos, et propose de chercher la cause auprès des entreprises.

Jacques Battistoni, président de MG-France, pointe du doigt « les conditions de travail qui se dégradent, la pénibilité, et des salariés que l’on récupère avec des troubles musculo-squelettiques, des dépressions, des syndromes d’épuisement… ».
Le diagnostic demandé par le gouvernement est mal venu pour les spécialistes de la santé qui dénoncent une pression de plus en plus forte de l’assurance maladie pour réduire le nombre d’arrêts.

Un levé de bouclier des syndicats qui a continué après les propos d’Agnès Buzyn, la Ministre de la santé, qui expliquait : « Quand nous contrôlons les arrêts de travail, 15 % sont inappropriés, sont des abus ».

L’IRDES, institut d’études et de recherches en santé, souligne que la moitié des dépenses de santé sont liées à l’augmentation et au vieillissement de la population. En 2017, 25% arrêts maladies étaient liés au travail, d’après l’enquête sur l’absentéisme menée par le cabinet Rehalto auprès de 1504 salariés et 350 entreprises.

Malgré certains abus, Christian Mainguy, président du cabinet, explique que « 43% des salariés déclarent avoir renoncé à un arrêt de travail pourtant légitime, pour raison financière, pour ne pas déstabiliser son service… ».

Le gouvernement cherche des solutions auprès des entreprises

Un coût de plus en plus élevé pour la sécurité sociale que le gouvernement souhaite réduire en reportant une partie de ces dépenses sur les entreprises, selon un projet de loi révélé cet été par les Echos.

Un projet qui viserait à faire prendre en charge par les entreprises 4 jours d’arrêts maladie pour les arrêts de moins de 8 jours. Néanmoins, le tollé provoqué par cette annonce auprès des syndicats patronaux a fait rétropédaler le gouvernement qui a affirmé ne pas envisager une telle mesure.

Un premier point sur le rapport sera discuté en octobre, au moment du débat sur le budget 2019 de la Sécu. Une réduction de 100M d’€ des dépenses est envisagée. Des propositions devront être rendues d’ici la fin de l’année ou le début de l’année 2019.

Hausse des arrêts maladie : la nouvelle cible du gouvernement

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